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4ème de couverture

  Dans le Zodiaque, les signes en opposition recouvrent des valeurs contraires et ils regardent le monde selon des points de vue qui font contraste. Parfois, ils se tournent le dos ; ils s’ignorent l’un l’autre, tout comme on oublie l’ombre qui se tient derrière soi. En d’autres occasions, ils se heurtent de front ; ils s’engagent dans une lutte fratricide, comme si l’existence de l’un tenait à la disparition de l’autre. Il arrive aussi qu’ils s’engagent dans le jeu de la relation et, qu’à se regarder vraiment, ils voient leurs différences s’éclairer mutuellement pour constituer un mariage, au sens alchimique de la conjonction.
   À l’instar des autres couples du Zodiaque, les signes du Cancer et du Capricorne se situent également dans ce jeu d’opposition et de conflit, de complémentarité et d’alliance. C’est dans cette perspective dialectique que l’axe Cancer-Capricorne est appréhendé dans ce livre. Il est abordé sous des angles multiples et il est mis en lumière par différents motifs mythologiques qui lui sont associés. Il est enfin étudié à travers quelques histoires de vie où il tient une place privilégiée.

 

Extrait

  Le Zodiaque lui-même peut être considéré comme un processus de croissance qui se déploie, en douze étapes, mais le Cancer et le Capricorne entretiennent un rapport tout à fait privilégié avec cette notion de croissance. Tous deux cherchent en effet à remplir les conditions nécessaires à la croissance : l’un, en assurant les conditions propices à l’éclosion, l’autre, en établissant celles qui permettront le mûrissement. À l’arrière-plan de cette vocation du Cancer et du Capricorne, ce sont évidemment les archétypes parentaux qui se profilent. Apparié à la Lune, le premier évoque la chaleur de l’enveloppe et le symbolisme maternel ; associé à Saturne, le second renvoie à la verticalité du tuteur et au symbolisme paternel.

  Avec la question de la croissance, la question du temps est consubstantielle à cet axe. Le temps du Cancer est le temps cyclique de la Lune et du rythme féminin. C’est le temps intérieur de la gestation, qu’il s’agisse d’un enfant, d’une œuvre ou de soi-même. Il revient sur lui-même, il cherche son chemin et il se développe en spirales. Quand on tient un journal de ses rêves et qu’on suit leur cours, sur de nombreuses années, on voit bien que le même motif réapparaît régulièrement. On observe qu’il se répète sous de nouvelles formes et à d’autres niveaux de la spirale. Aux yeux du moi fort, qui conçoit le développement comme la montée d’un escalier où l’on gagnerait en maîtrise, marche après marche, cette répétition est particulièrement insupportable, mais le Cancer se dessine en coquillages et il nous rappelle que cette circularité est le mouvement propre à l’âme. Quand on avance comme un escargot ou comme une tortue, en transportant sa maison avec soi, on ne prétend pas se débarrasser de ce qu’on porte en soi et l’on ne confond pas une démarche en colimaçon avec une démarche tortueuse.

  Le temps du Capricorne est celui qu’il faut pour la réalisation et les personnes marquées par ce signe ont beaucoup à voir avec ces fruits qui révèlent leur saveur dans l’arrière-saison. C’est le temps de la progression où l’on procède pas à pas, étape par étape, afin d’atteindre l’objectif qu’on s’est donné, le terme qu’on s’est fixé. La culture dans laquelle nous vivons privilégie, sans conteste, une conception linéaire du temps et celle-ci conditionne à son tour une façon d’envisager le développement psychologique comme une adaptation progressive à la réalité, mais la maison du monde risque ainsi d’être peuplée par des hommes et des femmes qui ont déserté leur propre maison.

  Cancer et Capricorne savent tout naturellement articuler la notion de temps à celle de patience. Le premier nous enseigne l’art d’écouter ce qu’on porte en germes et d’en accompagner l’éclosion. Le second nous apprend à prendre l’enfant par la main pour qu’il rejoigne l’adulte et pour que son rêve s’inscrive dans la réalité. Le Cancer suppose qu’on se recueille avec attention ; le Capricorne implique qu’on se redresse avec détermination.

  Toute œuvre n’est-elle pas en germes, avant d’être poème, toile ou symphonie ? L’écrivain ne porte-t-il pas un embryon de livre en lui, avant que celui-ci ne devienne un ouvrage sur lequel il travaille, puis, un jour, un objet que le lecteur tiendra dans ses mains ? Et le travail d’écriture lui-même ne suppose-t-il pas un dialogue constant entre ce qu’on porte en soi et ce qu’on met au monde ?

  La réalisation de soi, au sens jungien de l’individuation, obéit au même processus. Ce qui est à l’état de germes, et de possibilités, s’actualise progressivement. Ce qu’on porte en soi, dans le temps de la Mère, est porté au monde, dans le temps du Père. En d’autres termes, ce qu’on est dans l’Origine, et qui est à l’état de projet, s’établit peu à peu dans le monde temporel. Nous allons revenir sur cette question centrale de l’axe Cancer-Capricorne, lorsque nous considérerons celui-ci à la lumière de l’exaltation et de la chute de Jupiter.

  La notion de temps transparaît également dans les références sous-jacentes à chacun des deux signes. Les histoires que raconte le Cancer commencent, à la manière des contes de fées, par la formule consacrée : Il était une fois … De son côté, le Capricorne n’affectionne guère les histoires. Il déteste même ceux qui se racontent ou qui font des histoires, mais il aime profondément l’Histoire et la chronologie des événements. Plus encore, il aimerait écrire l’histoire et, pourquoi pas, y entrer en s’inscrivant dans un temps où les réalisations succéderaient aux réalisations. Il en oublierait presque que tout ce qui est rentré dans l’histoire a aussi été tissé par des histoires individuelles et que derrière un grand destin historique, il y a toujours un secret et, souvent, une blessure intime. Dans son livre, La part de l’autre, Éric Emmanuel Schmitt aborde un sujet difficile et il soulève des questions dérangeantes[1]. Parmi elles, celle-ci : quelle tournure l’histoire de l’Europe et du monde aurait-elle prise, si un certain jeune homme, nommé Adolf Hitler et passionné d’aquarelle, n’avait pas été recalé aux examens d’entrée de l’Académie des Beaux Arts de Vienne ? 

 

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[1] Éric-Emmanuel SCHMITT, La part de l’autre, Le livre de Poche.